Pour une résilience urbaine

septembre 25, 2017 dans A la une, Actualités par Catherine Baratti-Elbaz

“Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin.”

A chacun sa tentative de définition de la résilience, j’ai trouvé que ces paroles du roseau au chêne, dans ce poème de La Fontaine pouvait en être une belle illustration.

La résilience n’est pas un anglicisme pour désigner  une capacité à résister, mais bien une capacité à s’adapter aux événements afin de limiter leurs effets et de retrouver un fonctionnement normal le plus rapidement possible après des expériences extrêmes, voire traumatisantes.

Pendant longtemps nous avons pu croire que construire des remparts, toujours plus solides, comme des barrières infranchissables était le moyen le plus efficace de nous protéger. Mais les épreuves récentes comme l’histoire de notre ville, nous invite aujourd’hui à repenser notre modèle de développement. Il n’existe aucune protection absolue contre les dangers du monde, ceux que l’on connait, ceux que l’on imagine ou qui nous sont encore complètement inconnus à ce jour.

Les attentats de 2015, la crue de 2016, la canicule de juin 2017, ou encore l’arrivée des réfugiés sont autant d’événements récents qui ont amené notre ville à redécouvrir le sens et la terrible actualité de notre devise « fluctuat nec mergitur ».

S’il ne s’agit pas ici de prôner une simple décroissance, force est de reconnaître qu’il existe des sujets propres aux zones urbaines denses comme celle de notre métropole. Le diagnostic posé dans cette étude nous oblige à imaginer les solutions à mettre en place dès aujourd’hui pour préserver l’avenir. Celui de nos enfants et petits enfants, qui sont aujourd’hui dans nos cours d’école et qui selon le climatologue Jean Jouzel connaîtront des étés à 50°C. A ce sujet je salue les réflexions lancées pour aménager nos établissements scolaires pour faire diminuer le risque d’exposition de nos enfants aux températures extrèmes et faire de nos cours d’écoles non plus des îlots de chaleur mais de fraîcheur: surfaces végétalisées, toitures cultivées, arbres plus nombreux, amélioration des performances énergétiques…

Dans tous nos projets d’aménagement, nous devons penser la ville autrement. Avoir ces objectifs en tète c’est ce à quoi nous nous engageons dans la future ZAC Bercy Charenton par exemple, afin que ce nouveau quartier situé en bord de Seine soit imaginé en prenant en compte toutes les dimensions de la ville résiliente que nous définissons aujourd’hui.

Mais cette nouvelle approche globale ne peut se limiter au territoire de notre commune, car beaucoup des risques que nous connaissons aujourd’hui doivent se gérer à une échelle bien plus large. Et je rassure mes collègues, ces réflexions sont lancées. Je me félicite ainsi du pacte signé entre la Métropole du Grand Paris et l’Etat l’an dernier, permettant de financer différents projets à l’échelle du territoire du Grand Paris notamment sur les questions de la mobilité durable et transformation de nos autoroutes urbaines. Mais avec les élus métropolitains il nous faut envisager aussi désormais ensemble la gestion de l’eau, des déchets, des énergies comme les risques inondations. Cette gestion collective ne se limitant pas à gérer les conséquences du risque mais bien à le limiter et en particulier en contribuant au rééquilibrage à l’échelle du Grand Paris et en particulier en réduisant les inégalités.

Si les risques sont globaux, les solutions peuvent être locales. Il s’agit aujourd’hui de notre responsabilité que de faire face à notre vulnérabilité dans beaucoup de domaines et d’imaginer ensemble, avec toutes les énergies de notre territoire, mais aussi en lien avec toutes les métropoles mondiales les moyens de nous adapter pour survivre.

Un sursaut très Darwinien en somme.