Collèges publics à Paris: nouvelle sectorisation pour plus de mixité et de réussite

février 4, 2019 dans A la une, A vos côtés, Actualités par Catherine Baratti-Elbaz

Lors de la séance du 4 février 2019 nous avons adopté une modification de la sectorisation des collèges publics du 12e arrondissement. Retrouvez ici mon intervention.

Mes chers collègues, je voudrais me réjouir de ce projet de délibération qui est le fruit d’une très longue et intense mobilisation ces dernières semaines, ces derniers mois. En fait, tout commence avec la présentation des conclusions de l’Observatoire de la mixité sociale et de la réussite éducative, installé par la Maire de Paris et le Recteur de l’Académie de Paris.

Cet observatoire, accompagné de scientifiques, a partagé avec nous un constat confirmant, malheureusement, que notre Académie, notre ville était le territoire sur lequel la ségrégation sociale était la plus importante, notamment dans le second degré.

Face à ce constat, on peut considérer que c’est une fatalité et que dans cette ville, dans notre ville qui regroupe les écarts de revenus les plus importants de tout notre pays, il est normal que dans certains quartiers on ne vive pas au même niveau social et qu’on retrouve donc des établissements scolaires qui accueillent des familles très différentes, et on peut considérer que c’est d?ailleurs le fruit d’un urbanisme du passé qui a instauré, dans cette ville, de grands déséquilibres.

Comme Maire du 12e arrondissement, je ne peux que constater qu’en effet certains quartiers, le long des Maréchaux, sont essentiellement habités par des familles dans le logement social. Forcément, cela ne crée pas la même situation que pour ceux qui habitent autour du square Trousseau ou du marché d’Aligre. Ce n’est pas notre cas ; nous n’avons pas considéré que cette situation était une fatalité à laquelle nous devrions nous habituer.

Cette réflexion s’est aussi menée dans un calendrier national tout à fait particulier dans lequel l’Etat a repoussé la réflexion sur la carte de l’éducation prioritaire. Nous n’avons, à ce jour, aucune perspective d’évolution de cette carte prioritaire ni même de la pérennité du principe même de l’éducation prioritaire qui dit que certains établissements sont situés dans des quartiers où il y a très peu de mixité sociale et que nous devons donc donner des moyens supplémentaires à ces quartiers.

Cette incertitude nous a amenés, nous, élus de Paris, de la majorité municipale, avec l’Education nationale, à examiner l’ensemble des leviers possibles pour lutter contre cette ségrégation sociale dans nos établissements secondaires. La première proposition a été la création de nouveaux secteurs multi-collèges. Je regrette, pour ma part, que nous soyons allés un peu vite entre ce constat et la proposition de secteurs multi-collèges entre deux établissements de mon arrondissement, à savoir le collège Courteline et le collège Germaine Tillion. Le temps est court pour pouvoir mettre en place ces secteurs multi-collèges et, à notre avis, les conditions n’étaient pas réunies – avis partagé par l’Education nationale par ailleurs.

En effet, pour leur réussite, ces opérations nécessitent une très forte mobilisation de la Ville mais aussi de l’Education nationale, que nous n’avons pas sentie comme nous avons pu l’avoir il y a quelques années dans d’autres arrondissements. Ces expériences, d’ailleurs, dans les autres arrondissements ont fait l’objet d’évaluations qui ne sont, à mon sens, pas encore complètement conclusives. Peut-être faut-il leur laisser un peu plus de temps pour nous donner l’envie de développer d’autres secteurs multi-collèges à Paris.

Cependant, fallait-il renoncer complètement à toute modification de sectorisation ? Nous avons fait le pari que non, nous avons fait le pari que nous pouvions proposer une évolution de cette sectorisation qui soit très volontaire, très volontariste, et c’est ce que nous avons fait dans un temps très court, en concertant notamment les parents d’élèves et les principaux des collèges publics du 12e arrondissement – l’ensemble de ces collèges, d’ailleurs, et pas simplement les deux qui avaient été désignés lors de la discussion sur les secteurs multi-collèges. Je constate avec satisfaction que cette proposition a été adoptée à l’unanimité au Conseil départemental de l’Education nationale et je m’en félicite. Certains y trouveront à redire, je n’en doute pas, mais pour ma part je trouve que c’est une modification importante, même si j’ai bien conscience qu’elle ne pourra se faire sans une mobilisation très forte de la Ville sur l’ensemble des autres sujets qui incombent de notre responsabilité, notamment la question des investissements dans nos collèges publics et un travail sur l’image de ces collèges publics. Tout comme j’ai bien conscience de la nécessaire implication de l’Education nationale sur l’offre pédagogique et sur la dotation horaire globale dont je ne peux que regretter qu’elle diminue de manière si significative à l’échelle nationale.

Enfin, si vous me le permettez, quelques mots sur le voeu n° 43 que nous présentons et qui a été adopté à l’unanimité des élus du 12e arrondissement. Je salue le travail de mon adjoint Laurent TOUZET, qui rappelle la nécessaire mobilisation de l’Etat mais aussi de la Région Ile-de-France afin que nous ayons un peu plus de visibilité, notamment sur le collège Paul Valéry.

Je vous remercie.